Dieter Zorn & Uschi Kallus
L' encyclopédie des serpents du Reptiles-Show
Environ 2700 espèces de serpents vivent sur terre, dont seulement 470 espèces sont venimeuses !
Leur apparence nous est très étrange et pourtant ce sont des animaux vertébrés comme nous. 180 à 500 côtes et vertèbres leur donnent leur grande souplesse. A part cette ossature et le crâne, ils n'ont pas d'autre structure squelettique. Leur grande originalité par rapport au squelette des autres vertébrés, c’est qu’ils n’ont pas de membres, encore que les espèces les plus anciennes qui sont représentées par les serpents géants (boas et pythons) possèdent un petit ergot , plus développé chez le mâle , vestige d’une ceinture pelvienne et des rudiments de membres postérieurs.
À gauche: squelette d’une vipère. À droite: rudiments des pattes postérieurs
Les serpents sont sourds et ne voient pas bien. Leurs yeux sont à un stade d'évolution différent selon les espèces, mais ils sont presque tous myopes. Leurs yeux sont dépourvus de paupières mobiles, mais protégés par une écaille transparente. Ils restent donc toujours ouverts, d'où leur regard fixe qui est la source de la croyance du pouvoir hypnotisant des serpents. Ils dorment alors les yeux ouverts (mais dorment-ils réellement qu'ils reçoivent des impulsions électriques de basses fréquences qu'ils transmettent à l'aide de leurs mâchoires, en direction des os du crâne jusqu'à l'oreille interne. Pour les serpents, l'odorat est le sens le plus important, aussi bien pour la reconnaissance du partenaire d'accouplement que pour la recherche de la proie. Et c’est en plus, bien sûr leur système d’alarme (ex : feu, ennemi.). Ce qui est plus important que la muqueuse olfactive de leur nez, c’est l’organe de Jacobson un organe étonnant de l'appareil buccal supérieur. En effet la langue bifide se charge à l'extérieur de corpuscules odorants puis entre dans le palais et s'enfile dans cette membrane de l'organe de Jacobson qui analyse l'odeur. C'est pourquoi la langue est souvent en action. Elle permet donc de sentir des odeurs mais est également sensible aux vibrations qui sont d'ailleurs aussi détectées par le ventre du serpent (pour cette raison on doit taper fort sur la terre pour faire fuir les serpents). Les fossettes thermo-réceptrices faciales que l'on observe chez certains serpents géants sont un autre organe sensitif très important: Il s'agit de cavités qui bordent les lèvres supérieures, équipées d'une membrane sensible à des variations de température même très faible (0.026°C.). Les fossettes des crotalidés qui se trouvent de chaque côté, entre l’œil et la narine, sont encore plus sensibles et perçoivent une variation de température de 0,003°C. Même dans l’obscurité totale ils peuvent repérer la présence d’un individu à sang chaud à des distances considérables.
Les serpents grandissent jusqu'à la fin de leur vie mais pas régulièrement. Généralement les jeunes grandissent plus vite que les adultes. Leur croissance dépend également de leur alimentation et est influencée par d’autres facteurs, des facteurs climatiques comme la chaleur ou l’ensoleillement. Ils sont considérés comme des animaux à sang froid, mais en fait, ils prennent la température ambiante, leur température est donc variable. Ils ne peuvent pas produire leur chaleur propre comme nous, donc la chaleur ambiante est vitale pour eux étant une source d'énergie. Il est évident qu’il vit bien plus de serpents dans les régions chaudes que dans les régions tempérées ou froides.
Il existe des serpents dans l’hémisphère nord jusqu’à 67° de latitude et dans l’hémisphère sud jusqu'à 40° de latitude. Ils vivent dans des altitudes de plus de 2500 m. Ceci est possible, puisque les serpents au-dessous d'une certaine température qui est variable selon les espèces, font une sorte d'hibernation et peuvent survivre à des températures qui s’approchent de 0°C. Contrairement à des animaux à sang chaud ils peuvent cependant interrompre leur hibernation quand la température monte et la reprendre quand la température retombe. Chez les serpents on parle alors plutôt d’un repos hivernal que d’une hibernation. Les serpents qui vivent dans les régions où l’hiver s’installe régulièrement, font un repos hivernal régulier qu’ils préparent (vidange de l’appareil digestif, recherche d’un endroit approprié). Pour ces animaux cette hibernation est très importante et, en tout cas, indispensable pour leur reproduction. D’autre part, il existe aussi des serpents, vivant dans des pays très chauds, qui font un repos d’été. Dans la période la plus chaude, ils cherchent un endroit frais et humide. La circulation et le métabolisme réduits, ils peuvent survivre quelques mois sans s’alimenter, grâce à des réserves de graisse accumulées dans les tissus conjonctifs. Certaines espèces peuvent survivre par des températures extrêmement élevées, même sans eau. L’humidité contenu dans le corps de leur proies et des perles de rossée du matin leur suffisent. Les serpents se sont adaptés à tous sortes de biotopes, la jungle humide et suffocante, le désert et ses extrêmes différences de température, il y a des serpents qui vivent sous la terre et d’autres dans la mer. Ce qui fait que les serpents sont présents sur presque toute la planète à l’exception des régions polaires et de quelques îles.
Alimentation
Tous les serpents sont des prédateurs et leurs proies sont variées : mammifères, oiseaux, poissons, amphibies ou invertébrés. La chasse est soit active, soit à l'affût. Beaucoup de couleuvres pistent et poursuivent leur proie, tandis que la plupart des serpents géants préfèrent attendre patiemment, dans un endroit stratégique, que, leur repas passe devant leur nez.

Les serpents ne mangent que des animaux entiers et sont capables d'avaler des proies très grandes par rapport à leur propre volume : jusqu’à la moitié de leur propre taille. L'articulation de leurs mâchoires permet à leur gueule une ouverture de plus de 140°. Les deux mâchoires peuvent se détacher et de plus, la mâchoire inférieure est divisée en deux moitiés réunies entre elles par des ligaments élastiques. Leurs écailles, qui se chevauchent plus au moins, sont des replies de la peau qui peut donc énormément se dilater. Ils ne mangent pas tous les jours, mais font un repas important entre deux et dix fois par mois. Leur faim varie selon les espèces et dépend du climat, de la saison et d'autres facteurs métaboliques. En général les jeunes serpents mangent plus souvent que les adultes et les espèces agiles plus souvent que les espèces passives. Fréquemment les femelles cessent de manger pendant la gestation.
Les serpents de certaines espèces se sont habitués à une proie déterminée et préféreront jeûner que de manger autre chose. Quelques exemplaires refusent même leur nourriture préférée si elle n’est pas de la bonne couleur. Une de nos couleuvres de blé par exemple, mangeait des souris marrons, noirs, grises ou tachetées avec enthousiasme, mais jamais les blanches. Le cobra royal par exemple, ne se nourrit que d’autres serpents D’autres serpents se trouvent dans l'obligation de jeûner, c’est le cas du mangeur d'oeuf d'Afrique, qui se nourrit exclusivement d’œufs et qui en dehors de la période de couvée des oiseaux, n’en trouvent pas. Les serpents qui vivent dans les régions pauvres en nourriture, sont généralement moins difficiles pour choisir leur nourriture et s’attaquent à tout ce qu’ils arrivent à avaler.
La plupart des serpents n'acceptent une proie que si elle est vivante: ceci est dû à leur instinct (importante fonction de sélection naturelle). Ils préféreront mourir d'inanition plutôt que de manger une proie déjà morte. Le jeûne de certains serpents est compensé grâce à une réserve de graisse et par un état ralenti du métabolisme: réduction de mouvement et de respiration. Quelques serpents peuvent rester sans manger pendant plusieurs mois. Le record enregistré a été celui d'un python séba qui est resté 2 ans et 9 mois sans nourriture. Dans un zoo à Francfort, un python molure a refusé toute nourriture pendant 5 mois et n'a cependant perdu que 10% de son poids. Le temps de digestion, entre 3 et 8 jours , dépend du volume de la proie et de la température ambiante : plus il fait chaud, plus la digestion est rapide. Si la température est trop basse le processus digestif peut même s'arrêter: le serpent est alors obligé de régurgiter la proie car sinon elle pourrit dans l'estomac et il peut en mourir. Un serpent qui attrape une proie incapable de se défendre, l'avale directement vivante et la proie suffoque dans l'estomac, ou, elle est tuée par les sucs gastriques (exemple: petites couleuvres qui se nourrissent de poissons, vers ou insectes). Par contre, les proies capables de se défendre, comme des rongeurs ou les mammifères, seront soit tuées par une morsure venimeuse, soit étouffées par les serpents non venimeux. Dans les deux cas l’attaque est tellement rapide que notre œil ne nous permet pas de la percevoir. Certains serpents venimeux, par exemple les serpents à sonnettes, semblent marquer leur proie d’une odeur particulière, en leur injectant le venin, afin de la retrouver si elle s'échappait avant que le venin ait fait son effet. D'autres ne la relâchent même pas comme les mambas. Et autres encore ont un venin qui paralyse la proie immédiatement. L'engloutissement commence généralement par la tête et peut durer plusieurs heures. Pendant ce temps, le serpent est sans défense et c'est la raison pour laquelle les serpents ne mangent généralement que lorsqu’ils se sentent en sécurité. Les serpents ont besoin d'eau: les serpents du désert trouvent suffisamment d'eau dans leur proie. L'urine, privée d'eau, est évacuée compacte avec les excréments. Les serpents venimeux ne sont pas constrictors et inversement.

a.) un python réticulé commence à avaler sa proie après l’avoir étouffée. L’engloutissement commence par la tête. Les images montrent bien le changement du volume du serpent.
b.) le plus gros est passé. Les deux mâchoires sont déboîtées et la peau très extensible permet au python de pousser le poulet dans la gueule.
c.) L’enlacement provoque aussi une réduction du volume du poulet, notamment au niveau des ailes
d.) il ne reste que les pattes de la volaille dans la gueule et le cou du python
e.) l’engloutissement qui prend normalement entre 15 minutes et 3 heures, est fini.
La Reproduction:
Les serpents mènent une vie solitaire. Si l'on trouve des serpents regroupés en grand nombre dans les fosses ou autres lieux, cela est dû au manque d'endroits propices pour se cacher ou pour hiberner. Cependant, ils n’entretiennent pas de relations sociales, sauf bien sûr pour la reproduction. La plupart des serpents s'accouplent au printemps, après l'hibernation, ils n'ont pas à chercher loin leur partenaire. Dans les régions froides, quelques espèces s'accouplent en automne car la période chaude est trop courte pour l'évolution des oeufs qui "hibernent" donc dans le ventre maternel; par exemple la vipère péliade d'Europe. Les serpents reconnaissent leur partenaire par l'odorat. L'organe de Jacobson est très important (organe situé dans la partie supérieur de l'appareil buccal). Les caractéristiques visibles qui différencient les deux sexes sont secondaires car les serpents ont une vision très faible. Pour cette raison, les différences physiques sexuelles sont bien souvent peu discernables ou même absentes. Dans quelques cas rares, on constate des différences de coloration (exemple: vipère péliade), ou de taille. Généralement les mâles ont la queue un peu plus longue que les femelles. Les serpents géants (boas et pythons ) présentent un autre signe: ils possèdent de chaque côté du cloaque des pattes rudimentaires, semblables à des ongles, qui sont chez le mâle souvent trois fois plus longues que chez les femelles.
Beaucoup de serpents font une parade. Parfois les mâles se battent mais sans se tuer, jusqu'au moment ou l'un des deux s'enfuie. On n'a pas encore défini s'ils entrent en compétition pour défendre un territoire ou pour une rivalité d'accouplement. En tout cas, on constate ici une communication entre des animaux qui ont très peu de moyens d'expression.
danse de coment des mocassin d'eau
Organe copulateur

Les mâles ont un organe copulateur double qui porte le nom d'hémipénis et qui n'a pas de conduit tubulaire pour le sperme, juste un sillon qu'on appelle: gouttière séminale. L’accouplement se fait par le cloaque de la femelle et peut durer des heures. Après l’éjaculation, les spermatozoïdes entrent dans une enveloppe spéciale où la femelle peut les conserver des semaines, des mois, et quelques espèces jusqu'à cinq ans! Donc copulation et fécondation peuvent être séparées. La raison du retard de la fécondation n'est pas encore bien connue. On suppose que celle-ci est liée aux conditions d'environnement défavorables telles que le climat ou le manque de nourriture.
Les serpents sont soit:
OVIPARES: les oeufs pondus se développent hors de l'organisme maternel (exemple: pythons et la plupart des couleuvres), soit:
OVOVIVIPARES: les oeufs restent à l'intérieur du corps maternel jusqu'à l'éclosion (exemple: boas et quelques vipères).
L'évolution des embryons dépend beaucoup de la température ambiante : plus il fait chaud, plus vite les oeufs se développent (. Une couleuvre à jarretière, qui est ovovivipare, a porté 87 jours pendant un été très chaud et 116 jours pendant un été très frais. Le nombre de nouveau-nés ou d'oeufs dépend surtout de la taille de la mère. Rappelons-nous que les serpents grandissent durant toute leur vie. Cela ne veut pas dire que les grandes espèces de serpents se reproduisent mieux que les petites espèces. Le grand anaconda par exemple met bas jusqu'à 40 petits. Une vipère heurtant de 1,10 m de long à donnée naissance à 157 bébés vivants dans un zoo d'URSS.
Généralement les serpents ne prennent pas soin de leur couvée, certains ne semblent même pas avoir choisi de nid. Ils ne s'engagent jamais à nourrir les nouveau-nés. Il existe quelques exceptions: certains bébés crotales restent quelque temps auprès de la mère qui peut devenir très agressive pour les défendre en cas de danger. Quelques serpents protègent leur couvée comme le cobra royal (Ophistophagus hannah) qui établit même un nid. Les femelles pythons s'enroulent autour des oeufs pendant presque toute l'évolution: soit environ deux mois et demi. Elles ne les délaissent que pour boire, peut-être manger ou muer. La découverte la plus étonnante est au sujet du python molure: on a pu mesurer une augmentation de la température à l'intérieur de son nid par rapport à l'extérieur de 6 à 8°c. Une découverte stupéfiante car les serpents ont le sang froid ! (?). L'origine de ce phénomène n'est pas encore expliqué avec certitude. On suppose que la température monte à cause des contractions régulières du corps (comme des crampes) qui sont observées justement chez le python molure uniquement.
Leur corps est recouvert d'une peau solide qui forme des écailles disposées comme les tuiles d'un toit. La peau est formée de trois couches et presque dépourvue de glandes, elle ne peut donc absolument pas être visqueuse, comme certains le prétendent La couche inférieure est la plus épaisse et contient la majorité des cellules pigmentaires. La couche intermédiaire est très fine et évolue continuellement. Les cellules sont rejetées vers l'extérieur où elles meurent, deviennent cornées et établissent la partie extérieure de l'épiderme. Cette couche superficielle repousse fréquemment car elle devient inapte à établir les rapports métaboliques avec l'extérieur.
Le rôle de la mue n’est donc pas uniquement d’accorder la taille de la peau au corps grandissant. Il faut savoir que l'homme aussi "mue" mais la couche cornée morte est continuellement éliminée en de minuscules lambeaux. La période de la mue est très variable. Elle se produit entre 3 et 8 fois par an et dépend des espèces, de la température, de l'humidité, de la nutrition et de la santé du serpent. Plusieurs jours avant la mue, la peau du serpent devient terne et les yeux prennent un teint opaque, bleuâtre. Souvent à cette période, les serpents cessent de manger et manifestent un mauvais caractère dû peut-être à ce qu'ils voient encore moins bien. En se frottant contre des matières rugueuses l'animal se débarrasse enfin de sa vieille peau nommée exuvie. En commençant par la mâchoire, la mue se retrousse jusqu'à la queue. Elle est donc à l'envers mais reproduit tout l'extérieur du serpent, même les yeux.


Souvent l'exuvie ne part pas en un seul morceau, car elle est fine et fragile La première mue d'un serpent se produit généralement peu de jours après la naissance, avant que les jeunes n'aient commencé à s'alimenter..
Défense et Protection.
Comme tous les animaux les serpents ont également des ennemis: des prédateurs bien armés, tels que les oiseaux rapaces (aigles, buses), certains mammifères (babouins, lynx, loups...), mais aussi des ennemis plus petits et tout aussi dangereux (pies, corbeaux, hérissons, mangoustes...), ensuite d'autres reptiles et enfin tous les micro-organismes qui attaquent sournoisement. Mais l'ennemi le plus redoutable pour les reptiles c'est l'homme. Il détruit leur environnement et les tue soit pour récupérer la peau (en 1954, 60.000 crocodiles furent tués dans la seule Afrique orientale), soit pour les manger, soit tout simplement à cause d'une forte aversion. Les serpents ont donc bien besoin de se protéger et de se défendre contre tous leurs ennemis. Mais leur meilleure protection est la discretion de leur vie. Leurs sens aiguisés leur indiquent l’approche d’un danger éventuel de loin et à la moindre alerte ils fuient et se rendent invisibles. Aussi se peut-t-il que même dans une région ou vivent de nombreux serpents, on n’en voie aucun. Notre approche qui provoque des vibrations du sol, notre odeur et même notre chaleur (pour les crotales) les préviennent. La raison de cette façon de vivre est probablement le fait que les serpents, même les plus craints, sont, au moment de la confrontation avec un ennemi, relativement impuissants. Un serpent venimeux ne peut rien contre un adversaire physiquement plus fort que lui, car le venin n’agit pas dans l’instant et la douleur de la morsure ne sera pas toujours dissuasive. Que l’adversaire meure peut-être plus tard suite à la morsure venimeuse n’a pas beaucoup d’importance pour le serpent. Pour cette raison aussi, les gestes comminatoires que tous les serpents arborent, sont une arme importante et la nature les a pourvus de moyens divers pour faire fuir leurs prédateurs. Ils peuvent se présenter à eux de façon plus ou moins efficacement menaçante.
Gestes comminatoires du cobra, serpents à sonnette et serpent liane
Souvent, quand un serpent n’a plus d’échappatoire et est menacé, il siffle; parfois il se dresse, la bouche grande ouverte, menaçante. Le mamba noir par exemple, ouvre la gueule tellement grand qu’on peut en voir tout l’intérieur, qui est noir, ce qu’il lui a d’ailleurs donné son nom, car sinon il est de couleur vert olive. Si cette manoeuvre n’impressionne pas l’adversaire le serpent projette la tête en avant comme le ferait un serpent venimeux qui veut mordre. Certaines espèces feignent seulement la morsure et gardent même la gueule fermée, tandis que d’autres espèces plus agressives mordent vraiment. Beaucoup de serpents ont des couleurs particulièrement reconnaissables. Leurs prédateurs, après une première expérience désagréable se méfient. Certains serpents inoffensifs arborent les mêmes couleurs que celles d'une espèce dangereuse et profitent donc de l’effet dissuasif de l’apparence de leur peau. (mimétisme). Par exemple: la couleuvre royale (Lampropeltis, famille de Colubridae), qui n'est pas du tout venimeuse, ressemble au serpent corail (Micrurus, famille des Elapidae) qui est très venimeux. Tous les deux, originaires des mêmes régions des Etats Unis, ont la peau rayée alternativement de bandes noires, jaunes et rouges, très voyantes. Un rat qui a survécu à la morsure d’un serpent corail évitera de s’en approcher de nouveau et fuira également la couleuvre royale . D'autres serpents, pour se montrer plus grands et impressionnants, se gonflent avec de l'air. L’augmentation spectaculaire de la largeur du cou du cobra est très connue. Ils déploient les côtes de leur cou qui sont mobiles et très allongées comme les baleines d'un parapluie et la peau se tend dessus. Pour cela on les appelle aussi serpent à chapeau ou serpent à lunettes, car certains, le Naja naja par exemple, ont même les écailles colorées de façon à dessiner comme un visage sur leur “chapeau” . Quelques serpents non venimeux feignent la mort: ils se renversent sur le dos en devenant rigides, le corps un peu tordu, les mâchoires ouvertes et la langue pendante. La couleuvre à collier et la couleuvre vipérine, par exemple, sécrètent un liquide nauséabond émis par les glandes cloacales. Certains cachent leur tête en bas et font dépasser leur queue en haut afin de détourner l'attention de leur adversaire. Le python royal, cache sa tête au milieu d'une boule qu'il forme avec son corps. Les dents des grandes espèces non venimeuses peuvent aussi servir à la défense, il arrive même aux petites couleuvres paniquées de mordre. Tous les serpents possèdent de nombreuses dents (prés de 100!). La mâchoire supérieure est munie d'un double rang de dents fines et pointues, plus ou moins acérées et plus ou moins longues; la mâchoire inférieure n'a qu'un rang de dents. Le moyen d'avertissement le plus évolué est sans doute l'appendice caudal du serpent à sonnettes. Si le serpent est dérangé, il lève sa queue qui est équipée d'enveloppes de corne qui s'entrechoquent, la fait vibrer et émet ainsi un bruit rappelant celui d'une crécelle. On a pu constater que quelques couleuvres font également vibrer leur queue dans, par exemple, des feuilles sèches. La vipère des sables (Cerastes) peut frotter les écailles sur elles-mêmes. Cela donne un bruit, semblable à celui d'un serpent qui siffle. Elle est donc parfaitement adaptée à son environnement, car en sifflant, elle gaspillerait une partie de l'humidité de son organisme. Or cette humidité lui est très précieuse pour survivre dans le désert.
LE VENIN
Les glandes à venin sont des glandes salivaires transformées. En effet, le venin est une salive spéciale qui sert à tuer la proie, à aider la digestion et c'est aussi un système de défense. Il est inoculé par des crochets, dents particulièrement développées.
Un serpent venimeux peut mordre une ou plusieurs fois et n'injecter chaque fois qu'un petit pourcentage de sa réserve de venin. Quelques espèces de cobras ainsi que quelques vipères peuvent faire jaillir le venin dans une direction précise. Ceci provoque sur les muqueuses atteintes et surtout sur les yeux des inflammations et peut même provoquer la cécité si les yeux ne sont pas rincés immédiatement (à défaut d’autre liquide approprié, avec son propre urine)
Le venin exerce sa toxicité dans le système sanguin, où les serpents grâce à leurs crochets injectent le liquide venimeux de la même façon qu'une seringue. Le venin n’est donc pas dangereux s'il entre en contact avec la peau ou s'il est absorbé. Il faut noter que les serpents sont également sensibles au venin lorsqu'il passe dans leur système sanguin. Les crochets venimeux sont toujours implantés dans la mâchoire supérieure. Les serpents dépourvus de crochets venimeux sont appelés: aglyphes.
D'autres serpents, tels que la couleuvre de Montpellier, possèdent à l'arrière de la mâchoire deux dents, creusées d'un sillon par lequel s'écoule le venin. Celui-ci leur permet d'immobiliser définitivement la victime lorsqu'elle est déjà en grande partie dans leur gueule et de lui inoculer le venin qui facilitera la digestion. Les serpents utilisant cet appareil venimeux sont dits: opistoglyphes.
Les serpents qui possèdent l'appareil venimeux le plus perfectionné sont les vipéridés et les crotalidés (exemples: la vipère, le serpent à sonnettes). Leurs longs crochets sont situés à l'avant de la gueule, rabattus vers l'arrière lorsque la bouche est fermée et ils basculent en avant au moment de mordre. Ces crochets forment un conduit par où s'écoule
le venin. Leur tête est triangulaire, car leur réservoir de venin est important. La glande à venin est comprimée par un muscle au moment de la morsure et le liquide dangereux est alors injecté sous pression par le biais de ces dents. Les serpents qui possèdent ce type d'appareil venimeux sont dits: solenoglyphes.
D'autres serpents très, dangereux, ont dans la mâchoire supérieure des crochets venimeux relativement peu développés, qui restent fixes et immobiles. Leur tête n'est pas triangulaire car leur venin est très concentré et donc il suffit qu'ils en aient une quantité minime dans leurs glandes (exemple: le cobra). Ces serpents sont dits: protéroglyphes.
Le venin se compose d'une quarantaine de substances particulières. On peut cependant les diviser grossièrement en deux groupes principaux:
1) Les neurotoxines qui s'attaquent au système nerveux et qui provoquent la paralysie et l'asphyxie.
2) Les hématoxines qui entraînent des saignements ou, au contraire, des coagulations. Elles affaiblissent le coeur et dérèglent la tension et la circulation du sang.
Le venin des serpents contient des pourcentages variables de ces divers composants. Les crotalidés et vipéridés ont un venin à prédominance hématoxique. Les élapidés et hyrophiidés à prédominance neurotoxique. (exemple: le cobra, Mamba, serpent corail)
LE VENIN DES VIPERES ET CROTALES:
Il provoque de violentes douleurs à l'endroit de la morsure. Elle-ci peut entraîner l’apparition d’ oedèmes énormes, d’amas de liquide dans les vaisseaux lymphatiques , cela dépend de la nature du blessé, du serpent et de la quantité de venin injecté . Le sang peut perdre son aptitude à se coaguler, ou au contraire se coaguler excessivement. La partie du corps devient d'abord rouge ensuite bleue, verte et jaune. Du sang entre dans les tissus du corps. Le venin provoque la destruction du sang, les globules blancs éclatent et une nécrose , qui peut nécessiter l'amputation, apparaît. Parfois on constate de violents saignements de nez, de gencive ou d'intestin (vomissement de sang). Après quelques instants le pouls s'accélère, des troubles circulatoires violents et des tendances à des baisses de température suivies de fièvre se font sentir. Normalement la mort est provoquée par des hémorragies internes ou un collapsus. En cas de survie il reste souvent des dommages (organes agressés, partie mordue paralysée etc...).
LE VENIN DES COULEUVRES VENIMEUSES ET SERPENTS MARINS:
Généralement, il engendre peu de douleurs locales et l’endroit mordu ne change pas beaucoup d'aspect. Cependant le venin réagit rapidement. On constate, selon les cas : sommeil, grande faiblesse, baisse de la circulation artérielle, problèmes de vue, ptôse, salivation intensive, paralysie, difficultés respiratoires jusqu'à l'étouffement. La mort peut se produire au bout de quelques minutes, mais souvent au bout de huit heures. Si la victime a survécu vingt-quatre heures, normalement elle survit sans autres dommages.
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