Dieter Zorn

Les vipères d’Europe de l'Ouest

Toutes les vipères d’Europe de l'Ouest appartiennent à la famille des vipères (Viperidae) et sont de la sous-famille des vraies vipères (Vipera).

vipère aspic (Vipera aspis) , la vipère péliade (Vipera berus) et la vipère oursini (Vipera ursinii)

 

En Europe de l’ouest, la plus commune de toutes les vipères est de loin la vipère Péliade. (marqué en orange sur la carte). Elle a une préférence pour les biotopes légèrement humides avec de grandes variations de températures (jour / nuit, ainsi que été / hiver). En s’approchant du sud elle se raréfie et ne vit finalement plus qu’à des altitudes assez importantes

vipère péliade (Vipera berus)

 

La vipère aspic aussi apprécie des variations de température mais préfère un climat plus chaud. Elle peuple tout le sud-ouest de l’Europe jusqu’au sud de la forêt noire. (marqué en noire sur la carte).

Vipère aspic (Vipera aspis)

Vipère aspic d’une teinte rougeâtre et en bas un exemplaire noir

 

La troisième, la vipère oursini, est à mentionner surtout parce qu’elle est actuellement en voie de disparition. Tandis que la vipère aspic et la vipère péliade peuvent s’adapter à divers biotopes et altitudes, la vipère oursini n’apprécie que les hautes montagnes. Elle a fort besoin de la chaleur des prés ensoleillés en bordure de forêts. Mais ce sont exactement les endroits qui sont de plus en plus conquis par l’industrie des sports d’hiver : pistes de ski, remontées mécaniques, constructions immobilières. La vipère oursini s’est retirée dans quelques endroits peu accessibles (marqué en rouge sur la carte)

Toute les trois espèces vivent jusqu’à 2500 m d’altitude, mais seul la vipère oursini s’y est vraiment spécialisée. La vipère aspic semble se plaire autour de 1000 m d’altitude, mais on la trouve aussi dans de vallées ombragées plus bas. Puis, la vipère péliade vit dans des biotopes et altitudes divers, mais apprécie comme eux tous des cotes pierreuses, ensoleillées a proximité des forêts

Vipère péliade Vipère aspic Vipère oursini

 

Toutes les vipères européennes font un repos hivernal et s’accouplent au printemps. Selon la température elles mettent bas, deux à quatre mois plus tard, jusqu’à 20 bébés vivants. La vipère bérus, par contre, qui vit dans des régions aux hivers longs s’accouple en automne. Les bébés naissent au printemps et bénéficient ainsi d’une période plus longue pour se constituer la réserve de graisse nécessaire pour la prochaine hivernation

Les vipères européennes ont toutes les pupilles verticales, des écailles quillées et un dessin en zigzag sur le dos, qui n’est guère différent d’une espèce à l’autre. Ceci rend difficile à un amateur d’en distinguer l’espèce. D’autant plus que ce dessin peut varier à l’intérieur de l’espèce. Leur coloration est également très variable, chez la vipère aspic et la vipère bérus les tons les plus courants sont le gris, le brun, le vert olive ou l’orange. On trouve plus rarement des exemplaires rouges ou complètement noirs. Généralement le gris domine chez le mâle et chez la femelle c’est une coloration brunâtre qui domine. La vipère oursini varie entre le gris et le vert olive

A l’intérieur d’une même espèce, on peut trouver de grandes différences de couleur

 

Bien que chacune d’entre elles puisse apparaître sous des aspects multiples, il est relativement simple de reconnaître les trois espèces :

La vipère oursini mesure 30 cm, rarement jusqu’à 50 cm, elle est beaucoup plus petite que la vipère péliade qui mesure 60- 80 cm ou la vipère aspic qui est bien deux fois plus longue qu’elle (70- 85 cm).

La vipère péliade a le corps et le cou plus massif que la vipère aspic si bien que la tête n’est pas séparée nettement du corps, ainsi la forme triangulaire de la tête est un peu effacée

La vipère aspic a le nez retroussé, ce qui peut être plus ou moins prononcé

Les généralités et détails anatomiques communs à toutes les vipères sont décrits dans notre "Schlangen-Enzyklopädie"

Il existe une quatrième vipère en Europe de l'Ouest, c’est la vipère ammodyte (Vipera ammodytes) . Cependant, on la trouve peu en Europe de l’Ouest et elle vit plutôt dans l’Europe de l’Est et Sud-Est. Son habitat s’étend de la région nord-alpine de l’Italie et de l’Autriche ( la Carinthie, la Styrie), jusqu’ à l’est de la Turquie et le sud de l’UDSSR en passant par les Pays Balkaniques, la Grèce et ses îles. La Vipère ammodyte est reconnaissable à la corne qu’elle a sur son nez retroussé.

Vipère ammodyte ( Vipera ammodytes)

 

La cinquième vipère qu’on peut trouver en Europe, est la vipère de lataste (Vipera latasi) qui est moins connue. Elle vit sur la péninsule ibérique sauf dans le nord, mais on la trouve aussi au Maroc en Algérie et en Tunisie, jusqu’ à 1300 m d’altitude. Elle atteint 55 à 75 cm et son nez retroussé est généralement bien prononcé mais ne forme pas de corne.

vipère de lataste (Vipera latastei)

Utilisez ce lien pour voir d’autres photos de Gregoire Meier :

 

La gravité d’une morsure de vipère européenne est souvent trop exagérée

Il n’y a que la morsure d’une vipère ammodyte qui peut nécessiter l’emploi d’un sérum mais elle n’est pas considérée comme mortelle pour l’homme. La morsure d’une vipère péliade ou de la vipère aspic, qui a un venin encore plus faible, se soigne dans la plupart des cas avec de la cortisone et des antalgiques .

La morsure d’une vipère oursini est à peine venimeuse et seulement dangereuse pour des personnes allergiques.

Mordu par une vipère – que faire? Vous trouvez les lignes de conduite les plus importantes dans le chapitre du même nom.

Les expériences personnelles sont toujours les plus importantes, donc je suis content de pouvoir témoigner de ma propre expérience de morsure d’une vipère européenne. On lit ou entend tant d'histoires idiotes sur des morsures ou piqûres que seulement des récits faits par les victimes concernées, de médecins d’urgence et aussi les déclarations des toxicologues donnent des informations à peu près fiables.

J'ai déjà eu des accidents avec des cobras, des serpents à sonnette, des vipères heurtantes, de vraies vipères et d’autres bestioles. Les conséquences de ces accidents n’ont jamais dépassé la moitié des effets prévus dans les ouvrages spécialisés. Même les tableaux qui indiquent la puissance ou la quantité des venins injectés ne tiennent lieu que de simple théorie, et sont tout au plus un repère. Un exemple: Imaginons qu’on choisisse cent personnes des plus diverses, jeunes gens et vieillards, forts et faibles, téméraires et peureux, qu’on leur fasse absorber une demie bouteille de rhum disons et qu’on les soumette à des situations variées (chaleur, froid, stress, solitude,). Les uns vont avoir de sérieux troubles digestifs mais il y en aura aussi peut-être qui souhaiteront revenir vers la bouteille !... Qui peut prédire comment va réagir une personne si on ne la connaît pas, si on ne sait pas dans quelles circonstances et conditions elle se trouve ?

Suite à la morsure d’un cobra j’ai déjà eu une intoxication dont je n’ai ressenti que peu d’effet et suite à la piqûre d’un minuscule moucheron ma jambe a énormément gonflé, j’ai ressenti de fortes douleurs et j’ai été incapable de marcher pendant une semaine. Cette piqûre a été pour moi plus grave que la morsure d’une vipère aspic (non traitée) : ma main est restée enflée pendant 3 jours. Pendant deux jours, ça m’a fait très mal, mais le pire était les démangeaisons quand la main a désenflé.

Ma main un jour après une vipère aspic m’y avait mordu (non-traitée)

 

Pour vous montrer les crochets venimeux d'une vipère européenne, je vais sortir le mâle de nos vipères à corne et Uschi son appareil photo.

Pas mal les crochets, ils sont aussi grands que ceux d’un serpent à sonnettes de la même taille.

 

Les vipères européennes. se nourrissent principalement de rongeurs et d’oiseaux, les jeunes mangent aussi des petits lézards, plus rarement de grands insectes. Elles vivent environ une douzaine d’années